Quels sont les facteurs qui limitent l’accès au financement agricole au Bénin?
Cette question est en apparence simple mais tellement importante que j’ai bien voulu y répondre par écrit. Car avant de pouvoir apporter des solutions durables pour le développement de services financiers adaptés au secteur agricole, il est indispensable de comprendre profondément les actuels défis.
En effet, pour transformer son exploitation/faire progresser son exploitation, les agriculteurs doivent investir et, souvent, faute de ressources propres suffisantes, ont besoin d’accéder à des services financiers comme le crédit agricole. Toutefois, selon les résultats du Recensement National Agricole, seuls 6,9% des agriculteurs béninois ont accès au crédit agricole (DSA, 2022). Il est donc clair que des facteurs limitent réellement l’accès au crédit des agriculteurs béninois et sûrement ceux des autres pays du Sud Sahara.
Les facteurs limitant l’accès des agriculteurs au financement agricole peuvent être classés en deux catégories : ceux liés aux agriculteurs eux-mêmes et ceux liés aux institutions financières.
Les institutions financières sont en effet réputées être réticentes à accorder des crédits agricoles aux agriculteurs. Loin d’être une haine envers les acteurs du monde agricole, plusieurs facteurs expliquent objectivement cette apparente réticence des institutions financières. L’on peut citer entre autres :
– Les risques de production et de prix non couverts par des instruments privés ou des politiques publiques et
– La rentabilité de l’activité agricole à la fois modeste et incertaine (avec des phénomènes de seuil en termes d’équipement et de paquets techniques).
De plus, même si les institutions financières acceptaient d’offrir des crédits agricoles, les taux d’intérêt proposés ainsi que les modalités de remboursement, sont souvent difficilement compatibles avec le niveau de rentabilité des activités agricoles familiales.
L’offre de services financiers est ainsi peu adaptée à la nature des besoins de financement des agriculteurs familiaux d’où la problématique persistante de l’inadéquation du financement agricole au Bénin et dans plusieurs pays du Sub-Sahara.
Consolat.


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